05 janvier 2012

Morphogenèse, Apprentissage et neuroplasticité

Je réagis à cette citation qui me semble fondamentale (découverte ici via le fil twitter de Sylvain Jaubert.)

"C'est la dynamique de formation qui définit la forme, la sélection œuvre à posteriori"

Cette dynamique reprend l’idée, je crois, d'une co-construction en acte, permanente et couplée des "formes-sens", telle qu'a pu l'aborder Francisco Varela au travers de sa recherche sur l'énaction. L'apprentissage tout au long de la vie en est finalement une transposition cognitive. Seul bémol à la citation : il n'y a pas de linéarité (avant/après)  puisque la sélection est incluse dans le processus de formation (boucle itérative en temps réel).


Sur un plan cognitif, la neuroplasticité joue un rôle moteur dans cette approche.



Jeff Hawkins évoque des processus cognitifs itératifs liés à la perception, la reconnaissance, la mémorisation, la prédiction et l'apprentissage de formes (pattern) . Les connexions synaptiques qui l’opérationnalisent (vidéo), illustrent les dynamiques de "form-action" auto-poietiques en cours, me semble-t-il ?



A noter que ni Varela ni Hawkins ne remettent en cause la complémentarité de l'énaction avec la méta-cognition. (comment le pourraient-ils d'ailleurs sans réduire à néant la nature et cohérence même de leur propre démarche cognitive...ben oui, logique :-) ) La relation de complémentarité énaction/métacognition selon Varela s'inscrit dans une forme inclusive articulant subsymbolique et symbolique. C'est ce que cherche à illustrer l’enchevêtrement de niveau 1 et 2 et de doubles boucles dans cette modélisation des réseaux apprenants, tant sur le plan individuel que le plan collectif http://reseaux-apprenants.blogspot.co.uk/2008/03/modlisation.html et c'est ce que démontre Stanislas Dehaene sur un plan cognitif : Les mécanismes Bayésiens de l'induction  http://www.college-de-france.fr/documents/audio/dehaene/2011-2012/Cours/dehaene-20120117.mp3

A lire en parallèle :
- Formes et apprentissages http://florencemeichel.blogspot.com/2011/03/formes-et-apprentissages.html
- Individuation, théorie de la forme et perspective numérique http://florencemeichel.blogspot.com/2011/04/individuation-et-meta-formes.html
- L'énaction : vers un puissant paradigme d'apprentissage émancipateur à l'ère du numérique http://florencemeichel.blogspot.co.uk/2009/05/lenaction-vers-un-puissant-paradigme.html
- Intelligence http://florencemeichel.blogspot.co.uk/2008/07/cerveau-baysien-et-approche.html
- Enaction - mon cheminement http://florencemeichel.blogspot.co.uk/2008/09/connectivism-et-enactionmon-cheminement.html
- L'identité numérique temporelle et systémique http://florencemeichel.blogspot.com/2008/11/lidentit-numrique-temporelle.html

MAJ du 8 septembre 2014 : intéressant, il semblerait que le processus de reconnaissance de forme démarre très tôt dans le cadre des dynamiques à l’œuvre.
"Les neurones périphériques traitent des informations géométriques
Pour étudier le traitement de l’information dans ces neurones tactiles de premier ordre, les chercheurs ont enregistré les potentiels d’action des neurones. Il est alors apparu que ces neurones tactiles de premier ordre ne se contenteraient pas d’envoyer des signaux au cerveau sur le fait qu’un objet touche la peau. En plus, ils traiteraient des données géométriques sur l’objet touché. Pour faire cela, ces neurones doivent effectuer le même type de calculs que réalisent des neurones du cortex cérébral.
Deux types de neurones tactiles de premier ordre semblent transmettre des informations sur l’orientation des objets, et ce en modulant l’intensité et la structure temporelle de leur réponse. Jusqu’à présent, on pensait que cette capacité de traitement des informations spatiales était dévolue uniquement au cortex somatosensoriel...
Dans le cas de la vision, on pourrait observer un mécanisme similaire : des neurones périphériques pourraient être capables de traiter des informations géométriques sur les objets vus."
 


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